StocaMine à la rencontre du public

Publié le 05 mai 2011 à 17h17
StocaMine est allée pour la première fois à la rencontre du public pour présenter l'avancement des études engagées quant à la fermeture du stockage. Après une présentation synthétique, un temps important a été consacré aux échanges avec les participants pour que réponse soit apportée à toutes les questions - y comprisles plus techniques -.

 
© 05.2011 - Béatrice Fauroux

Un quart d'heure de présentation sous la forme d'un diaporama, suivie de plus d'une heure et demie d'échanges entre les ingénieurs de StocaMine, l'INERIS et la salle : la soirée dut dense, le climat constructif, transparence et respect ont été constants.

Jo Spiegel, hôte de la soirée à la Maison de la Citoyenneté à Kingersheim, l'avait souhaité ainsi, en introduisant la soirée par un éloge de la démocratie participative et du débat public, "qui conduisent aux meilleures décisions". Il a souligné que la responsabilité liée au devenir des déchets concernait non seulement "les déchets produits et stockés ici et aujourd'hui" mais aussi "les conséquences de la gestion de nos déchets demain et ailleurs".
Il a ensuite invité le public à poser toutes les questions pouvant nourrir la réflexion, et a réitéré son souhait d'un débat citoyen qui réunirait pour des échanges contradictoires mais éclairants le collectif Destocamine et l'exploitant.

Bernard Gensburger, Directeur Général, Jacky Roman, Directeur Technique des MDPA et Alain Rollet, Président de StocaMine, ont ensuite présenté successivement un bref historique de StocaMine, les contraintes et avantages des deux solutions étudiées (déstockage ou confinement) et les études techniques en cours.

Des questions nombreuses et variées

Les nombreuses questions posées par le public ont permis à StocaMine de préciser un certain nombre d'éléments :
 
  • Le bloc 15 ne pourra pas être déstocké étant donné les risques miniers.
Ce secteur du stockage où a eu lieu l'incendie du 10 septembre 2002 et se trouve creusé dans un horizon différent des autres blocs (2 mètres plus bas), et son toit (terme minier pour évoquer le "plafon" d'une galerie) présente de fortes instabilités. "Le déstockage du bloc 15 ferait courir trop de risques aux opérateurs et personne n'en prendra la responsabilité", estime Alain Rollet.
 
  • Déstockage à Wittelsheim implique restockage ailleurs, c'est à dire en mine en Allemagne, pour les déchets de classe 0. Ce qui implique le transfert géographique du risque d'une pollution.
     
     
  •  Enfin, le déstockage des  77 000 colis "prendrait à peu près 10 ans, compte tenu de la nécessité de consolider les galeries de stockage et d'aplanir leur mur : de nombreux murs (terme minier pour évoquer les sols d'une galerie) sont soufflés (ils se soulèvent et se fissurent). Par ailleurs, les opérations de déstockage impliqueraient des conditions sanitaires d'intervention nécessitant un équipement de sécurité lourd qui redtuit la rapidité de traitement et la réactivité, le tout dans un environnement minier difficile".

Le seul, mais important avantage du déstockage, serait de préserver la nappe phréatique alsacienne d'une pollution additionnelle. En effet, l'eau qui s'infiltre par les puits de mine remblayés et envahit progressivement les vieux travaux pourrait être chargée de polluants lorsque sous l'effet de la pression naturelle des terrains elle sera redirigée vers la nappe.
Ceci "au terme de 240 à 300 années" selon les calculs de l'INERIS, "pour le scénario le plus pessimiste".
Pour réduire ce risque, Alain Rollet a indiqué que les études d'un confinement efficace du stockage grâce à la mise en place de barrages, de bouchons de béton, de coulis visant à empêcher l'eau d'atteindre les déchets. Ces réflexions s'inspirent largement des modèles de confinement allemands.

Une décision pour StocaMine avant la fin d'année

"Nous cherchons depuis 2009 à trouver une solution rapidement, tout en faisant appel aux meilleurs spécialistes français (dont l'INERIS) et allemands pour étudier les scénarios possibles et évaluer au plus précis tous les risques attachés à chaque solution tant pour les hommes que pour l'environnement", précise Alain Rollet, qui s'est refusé à évoquer un comparatif budgétaire des deux solutions : "Il est prématuré d'évoquer un budget à l'heure actuelle, les modalités de traitement n'étant pas suffisamment précises. Aujourd'hui, la question est plutôt de savoir quelle est la solution acceptable sur les plans humain et environnemental".

Cette position a été soutenue également par Jo Spiegel, qui a évoqué de son côté le devoir de responsabilité des collectivités, qui n'ont pas à faire passer les considérations budgétaires avant l'intérêt général.

Pour l'instant, aucune décision n'est prise et seules les conclusions des études en cours permettront à l'exploitant de choisir une solution pour déposer son dossier de cessation d'activités. Le choix de la fermeture sera préalablement soumis aux représentants de l'Etat, actionnaire des MDPA, dont StocaMine est la filiale.

 Télécharger la présentation du 4 mai 2011

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