Réunion publique du 14 octobre 2011

Publié le 21 oct 2011 à 15h12
Les questions complexes méritent un échange direct entre les parties qui ne sont pas forcément d'accord. Et enfin, nous sommes satisfaits que le Préfet, loin de "vérouiller le débat" comme l'avait annoncé la presse quelques jours auparavant, au contraire, a su laisser s'exprimer les parties en présence et écouté aussi bien les orateurs que la population.

Notre seul regret pour cette première confrontation directe des positions concernant le stockage est que nous n'avons pas toujours bénéficié de la qualité d'écoute que nécessitait l'exposé, même court, de notions complexes. En effet, sur les questions du stockage illimité ou du déstockage, plus on simplifie les notions abordées, plus on risque de s'éloigner de la vérité scientifique. Car, contrairement à ce qui est dit ici ou là, un certain nombre de certitudes existent sur ce dossier, que nous souhaitons aborder ici. Elles résultent bien entendu des études , rapports et présentations réalisés par notre expert l’INERIS et disponibles sur notre site.

1. Les 8 scénarios étudiés ne sont pas "orientés"

En effet, ces scénarios qui vont du déstockage total au stockage illimité avec barrières, en passant par 6 scénarios intermédiaires, mesurent avec toute la puissance de calcul nécessaire l'impact de chaque solution sur la santé des habitants et sur celle du personnel opérant sur le terrain, ainsi que les effets sur l'eau potable et la nappe phréatique. Si le résultat montre que le stockage avec barrières est le moins impactant, c'est bien en comparant objectivement les scénarios selon les mêmes hypothèses.

2. Le principe de précaution est-il de laisser... ou de sortir les déchets ?

Peut-on promouvoir une solution équitable, raisonnable qui ne sacrifie pas la santé humaine à des thèses trop tranchées qui simplifient le débat , sans apporter de véritable solution ? C'est la question préalable à la comparaison des différents scénarios et sa réponse est claire : le confinement sur place est la meilleure solution.

3. Cette solution est-elle réalisable ?

Oui, la mise en place de barrages adaptés est possible et permet d’éviter de polluer plus tard la nappe phréatique. Les hypothèses retenues sont volontairement pénalisantes, en matière de débits d’eau à travers les puits, de volumes libres disponibles dans la mine et dans le stockage, de durée d’ennoyage de la mine, de passage de l’eau à travers les barrages, de délais de sortie de l’eau du stockage et d’arrivée dans la nappe... Ces hypothèses conduisent à rester en dessous d’un dixième des normes de potabilité dans toute zone et à chaque niveau de la nappe. Elles ne prennent pas en compte des facteurs favorables, comme la recristallisation, la fixation de polluants par les barrages et les terrains traversés…

4. Cette solution est-elle conforme à l’avis du Copil ?

Elle a été élaborée en présentant l’avancement des études au Copil lors de ses réunions mensuelles et en suscitant ses réactions. Celui-ci ne voyait pas à redire à ces études, en particulier sur les mécanismes de fermeture de la mine sur elle-même et d’ennoyage. Il a demandé la mise en place d’une surveillance et StocaMine la prévoit. Sur les substances susceptibles de se dissoudre dans l’eau, le Copil s’estime moins compétent et propose une tierce expertise qui sera réalisée à la demande de l’administration et aux frais de StocaMine . Sur la mise en place de barrages renforcés, c’est lui-même qui l’a proposée. Il ne savait alors pas quel serait le résultat au niveau de la nappe phréatique, c’est pourquoi il a indiqué en conclusion de son rapport sur le retrait que celui-ci « doit être envisagé si les études de risque établissent qu’au moins une certaine partie des substances stockées fait courir à long terme à l’environnement des risques inacceptables ». Le résultat exposé plus haut répond tout à fait à cette légitime inquiétude.

5. Un déstockage total à 550 m de profondeur resterait une opération inédite

En particulier, on ne peut pas comparer cette opération avec le déstockage de déchets industriels et domestiques réalisé dans la carrière calcaire souterraine de Sainte Ursanne. Les déchets y avaient été bennés sans précaution dans des galeries de grand gabarit ayant une bonne tenue générale. Ils ont été extraits à l’aide de pelles hydrauliques de chantiers de travaux publics. Les conditions de StocaMine offriraient des hauteurs plus petites, de l’ordre de 2,5 m, des terrains poussant et se dégradant en permanence, des accès au jour par puits et non directement par galeries (voir photos ci-dessous).

StocaMine est le seul à avoir déjà réalisé un déstockage partiel en 2001, dans des galeries loin d’être aussi dégradées qu’actuellement, et peut s’appuyer sur cette expérience pour prévoir ce que seraient les conditions d’un déstockage.

6. Les déchets ne pourraient être sortis aussi facilement qu'on le dit

Quelques mois seraient nécessaires pour remettre les galeries au gabarit et aplanir les sols . Le déstockage demanderait de faire appel à la fois aux compétences de mineurs connaissant le gisement et aux compétences de spécialistes en chantiers de désamiantage. Cette opération nécessiterait pour la majorité des travaux d’équiper les opérateurs en tenue de protection étanche disposant de masques respiratoires autonomes, du fait de l’amiante, d’aplanir les galeries de stockage en cours de progression du déstockage des quelques 77.000 colis de déchets pour permettre aux engins d’intervenir... Certains colis de déchets viendraient à s’éventrer car ils sont coincés par les galeries. Tous les big-bag seraient à suremballer car ils ont déjà passé leur limite de validité et de nombreux fûts seraient aussi à reconditionner. Les galeries continueraient de se dégrader régulièrement, particulièrement au toit et au niveau des intersections , et devraient être renforcées en cours de progression, sans certitude de pouvoir les tenir suffisamment longtemps...

7. Quelle sera la suite ?

StocaMine se doit de proposer le dossier qui lui semble le meilleur à son actionnaire qui financera la solution, quelle qu’elle soit. Il déposera ensuite son dossier d’arrêt à la préfecture. Dans tous les cas, StocaMine devra s’entourer des compétences nécessaires pour garantir la mise en œuvre de la solution retenue.

Des tests devront en particulier être réalisés avant de mettre en place les barrages qui seront dans tous les cas nécessaires.

Alain ROLLET

 
Sainte Ursanne - Vue des déchets

  
 


















StocaMine - Vue des déchets


 














 
 
 
Sainte Ursanne - Vue d'une cavité
 
    



 

 
 
 













StocaMine - Vue d'une galerie


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