Dossier de fermeture de StocaMine

Publié le 17 oct 2013 à 08h22

Il annonce par ailleurs qu'une nouvelle concertation sera organisée afin de débattre des différents scénarios possibles, conformément à la demande faite par l'Etat le 30 mai 2013. Il s'appuie essentiellement sur les études réalisées par l'INERIS dont les rapports sont parus de fin 2010 à début 2013. Le dossier est bâti sur un confinement illimité total, le déstockage partiel permettant in fini de réduire l'impact potentiel sur la nappe proportionnellement au taux de mercure évacué.

INTERVENTION DE L'INERIS :

Nous rappelons que StocaMine a fait appel à l'INERIS fin 2009 afin de réaliser une analyse critique des études réalisées antérieurement sur la fermeture du stockage souterrain, ce qui n'était pas loin de constituer une tierce expertise avant l'heure. Puis l'INERIS a réalisé des études complémentaires afin de pouvoir constituer le dossier de fermeture prévu dans le décret spécifique consacré à StocaMine. Les hypothèses prises par l'INERIS dans toutes ces études sont sécuritaires, c'est-à-dire qu'elles ont tendance à accroître l'impact futur sur la nappe phréatique. De ce fait, il n'est pas possible de dire que les mesures de fermeture prévues initialement par StocaMine ne suffiraient pas protéger la nappe phréatique. L'objectif recherché par StocaMine en faisant intervenir l'INERIS, bien connu pour ses exigences sécuritaires, est de garantir l'intégrité de la nappe d'Alsace, quitte à ce que les mesures de fermeture soient plus onéreuses que prévues initialement.

ETUDES COMPLEMENTAIRES CONTENUES DANS LE DOSSIER :

- Une étude géomécanique : il s'agit de mieux déterminer le comportement des vides miniers créés par l'extraction de la potasse ainsi que les vides propres au stockage souterrain. Le premier point qui ressort des observations réalisées en surface, à l'aplomb des exploitations des MDPA, et du comportement d'autres grandes exploitations minières est que les vides miniers sont nettement plus conséquents que ce qui était annoncé précédemment. Le second point est que ces vides se referment progressivement et que ce phénomène pourrait constituer, s'il ne s'amortissait que très lentement en trois siècles, le moteur d'une remontée de saumure vers la nappe phréatique une fois la mine pleine d'eau. Les éventuels polluants dissous dans cette saumure et provenant de la mine ou du stockage pourraient donc aussi remonter. En effet, le stockage sera mécaniquement totalement refermé en un siècle mais comportera des vides résiduels, constitués principalement par la porosité des déchets, qui permettront le passage ultérieur de la saumure et qui se réduiront eux aussi lentement au fil du temps. La saumure qui finira par envahir le stockage dans quelques siècles pourrait donc être expulsée vers le reste de la mine.

Télécharger l'Etude géomécanique - Partie 1

Télécharger l'Etude géomécanique - Partie 2

- Une étude hydrogéologique : il s’agit d’établir les conditions dans lesquelles la mine va se remplir d’eau puis pourrait rejeter vers la nappe cette eau transformée en saumure au contact du sel. L’eau provient de la nappe d’Alsace au niveau des différents puits qui ne sont pas parfaitement étanches. Les débits retenus par l’INERIS sont prudents, supérieurs à ceux qui étaient pompés lors de l’activité minière, avant que les puits ne soient fermés, et voisins de ceux qui ont été rencontrés lors du creusement des puits avant que ceux-ci ne soient achevés. Les volumes des vides miniers quant à eux, ainsi que leur diminution sous l’effet de la compaction, ont été prudemment évalués. Cela conduirait à un remplissage de la mine en trois siècles. Par ailleurs, la présence d’eau au niveau d’horizons géologiques relativement profonds, traversés par des puits situés en aval hydraulique du secteur ouest des MDPA, rendent probable une circulation hydrodynamique de saumure au sein de la mine, de l’ordre de 200 m3 par an, vers la nappe phréatique. Néanmoins, cette fuite serait nettement plus faible que le débit de reflux de saumure dû à la convergence résiduelle des terrains. Ce débit, estimé à 3000 m3 par an par l’INERIS, proviendrait des vieux travaux miniers et pourrait aussi entrainer vers la nappe phréatique la saumure polluée qui pourrait sortir plus tard des barrages entourant le stockage de StocaMine.

Télécharger l'Etude hydrogéologique - Partie 1

Télécharger l'Etude hydrogéologique - Partie 2

- Une étude chimique : il s’agit de déterminer  quelles substances chimiques pourraient se dissoudre au sein du stockage en cas de remplissage de celui-ci par de la saumure. L’INERIS a tout d’abord prudemment considéré que toutes les substances solubles présentes dans le stockage passeraient en solution puis il a déterminé les réactions qui se produiraient alors entre elles pour estimer les polluants qui pourraient être présents dans la saumure remplissant le stockage. Il ressort de cette étude que la mise en place de barrages autour du stockage permettrait d’éviter le renouvellement de la saumure passant au travers des déchets et donc de limiter la quantité de polluants susceptibles de se dissoudre. Le mercure pourrait cependant passer totalement en solution et il constituerait la substance ayant de loin le plus fort potentiel polluant.

Télécharger l'Etude "Evaluation terme source si ennoyage - Partie 1"

Télécharger l'Etude "Evaluation terme source si ennoyage - Partie 2"

- Une étude comparative de différents scénarios de traitement du stockage : ces scénarios se déclinent du déstockage total au confinement du stockage complet au fond. Cette étude repose sur les raisonnements utilisés dans les études précédentes, appliqués aux autres sites de stockage, et sur une démarche étudiant le cycle de vie appliquée à chaque scénario. Elle permet d’estimer l’impact sur la santé humaine à court comme à très long terme ainsi que l’impact sur la biodiversité des différents scénarios. Elle repose sur une estimation des risques dus aux manipulations et transport des substances dangereuses au fond comme en surface et des impacts dus à la toxicité des saumures polluées qui finiront par se répandre dans les ressources en eau, soit par un processus d’expulsion mécanique comme dans le cas de StocaMine, soit par diffusion. Cette étude conclut qu’une extraction des déchets de StocaMine vers le site allemand considéré comme étant le plus sûr, en considérant qu’elle soit possible, aurait un impact nettement supérieur sur la santé humaine qu’un confinement dans le site de StocaMine. Les impacts sur la biodiversité sont quant à eux estimés relativement comparables. La mise en œuvre de la solution retenue doit par ailleurs respecter les aspects réglementaires, en utilisant des moyens de maîtrise du risque.

Télécharger l'Etude "Comparaison scénarios possibles"

- Une étude portant sur les moyens de maîtrise du risque et la sureté géotechnique : l’INERIS a déterminé que si la saumure commence à sortir des barrages dans plus de 1000 ans, alors son impact sur la nappe sera faible, au plus égal localement au bruit de fond actuel en mercure, soit le dixième de la limite de potabilité. Cette teneur interviendrait uniquement localement dans la couche inférieure de la nappe au niveau des puits du secteur Amélie et la dispersion dans la nappe en aval hydraulique ferait que cette teneur serait déjà divisée par cinq un kilomètre plus loin. L’INERIS recommande de passer par une ingénierie compétente dans la définition de tels barrages, propose de remplir tous les blocs laissés vides afin d’éviter de fragiliser leur toit et de provoquer des communications plus faciles avec les vieux travaux situés 23m plus haut, demande à ce que le traitement du sondage W3 et des trous de dégazage soit étudié, après avoir réalisé des mesures de perméabilité, et à ce qu’il existe bien une circulation plus aisée de la saumure par un cheminement situé à l’extérieur du stockage.

Télécharger l'Etude "Moyens de maitrise des risques dans l'option de stockage illimité"

- Un complément à l’étude chimique en cas de déstockage partiel : le fait de déstocker une partie des déchets peut en effet conduire à faire remonter l’impact potentiel d’un autre polluant par rapport à celui du mercure. Cette étude indique que le déstockage d’une partie des déchets, comme prévu dans les scénarios dits de retrait de 45 % ou de 90 % du mercure, réduirait bien d’autant l’impact potentiel du mercure sur la nappe. Les autres substances resteraient encore très en retrait par rapport au mercure.

Télécharger l'Etude "Terme source retrait partiel"
 
En résumé, les mesures de maîtrise du risque, dont les plus conséquentes sont la mise en place de barrages très peu perméables dans les galeries menant au stockage, le remplissage des galeries vides subsistantes au sein du stockage et le déstockage partiel de déchets contenant 56% du mercure, permettent d’éviter tout impact significatif sur la nappe.
 
 




 



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