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Incendie du bloc 15

La détection de l'incendie

Le 10 septembre 2002, des mineurs des MDPA travaillant dans un chantier au fond de la mine Amélie ont donné l’alerte lorsqu’ils ont senti une odeur de brûlé et vu des fumées se répandre dans les galeries.

Les chantiers d’extraction de la potasse ont été évacués et l’origine de l’incendie identifiée : le bloc 15 du site de stockage StocaMine

Les causes de l’incendie

L’incendie de StocaMine a été provoqué par une réaction chimique causée par des produits entreposés identifiés comme ″amiantés″.

En effet, le mois précédant le sinistre, des déchets provenant des résidus d’un entrepôt de produits phytosanitaires incendié ont été stockés dans le bloc 15.

La toiture de ce hangar était constituée de plaques fibrociment amiantées qui ont éclaté sous l’effet de la chaleur de l’incendie du hangar provoquant la dispersion des débris sur les produits phytosanitaires. Les big-bags contenant ces résidus ont donc été estampillés A, pour amiante. La procédure de réception des déchets de StocaMine élaborée pour préserver le personnel d’un contact avec l’amiante, interdisait l’inspection des colis mentionnés A avant stockage. Néanmoins, le contrôle externe réalisé à la réception de ces déchets avait conduit le personnel à préconiser leur rejet. La direction de StocaMine a cependant décidé de les stocker au fond. Cette décision a fait l’objet d’un procès qui a été intenté plus tard. Une partie de ces big-bags a donc été entreposée au droit du bloc 15, et 13 autres colis sont restés en surface en attente de leur acheminement au fond.

Six des 13 colis stockés au jour ont été inspectés par la DRIRE après l’incendie selon le protocole et les précautions conformes à la manipulation exceptionnelle des produits amiantés.

Cette inspection a confirmé que les débris de la structure de l’entrepôt ont été mélangés aux produits phytosanitaires stockés, dont certains étaient soufrés.

Des réactions chimiques provoquées par la mise en contact des matériaux contenus dans ces big-bags entre eux, voire avec ceux voisins dont l’origine était distincte et antérieure ont déclenché une élévation de la température locale et amorcé une combustion plus généralisée des produits stockés.

L’extinction de l’incendie

Dès la détection de l’incendie, quatre équipes d’intervention de six mineurs munis d’appareils respiratoires se sont relayées au fond pour circonscrire l’incendie. Elles étaient assistées de 25 pompiers en surface. Le matin du 10 septembre, le Préfet du Haut-Rhin a donné l’ordre d’engagement de Dicamine, soit un détachement de 10 pompiers spécialement formés et de 10 sauveteurs des Houillères du Bassin de Lorraine est arrivé sur les lieux dans l’après-midi.

Les équipes se sont relayées pour tenter d’éteindre le feu par une attaque à eau pulvérisée. Cette technique a été abandonnée dans la nuit du 10 au 11 septembre au profit de l’installation de trois barrages d’isolement côté entrée d’air pour priver le feu d’oxigène.

Ce confinement du bloc 15, surveillé par caméras thermiques a été complété par injections d’azote et le feu a été considéré comme totalement maîtrisé et éteint le 21 novembre 2002.

Les conséquences sur la santé des personnels intervenus

Onze ouvriers mineurs ont manifesté des troubles après avoir été exposés aux fumées : irritation de la gorge, troubles respiratoires, atteintes cutanées. Ces troubles étaient reliés à la forte teneur en dioxyde de soufre des fumées.

Les conséquences pour l’activité de stockage

En septembre 2003, conforté par la non rentabilité avérée depuis 4 exercices de l’exploitation du centre de stockage de déchets ultimes, la décision d’arrêter l’activité de StocaMine a été prise.

Les mesures des conséquences environnementales et sanitaires

Un système de contrôle des effluents rejetés 6 fois par jour a été mis en place à partir du 10 septembre 2002 au matin, puis deux fois par jour, à partir du 20 septembre.
Journal l'Alsace - Dessin GIEFEM - Janvier 2011
Journal l'Alsace - Dessin GIEFEM - Janvier 2011