Vous êtes ici : Accueil / Questions/Réponses

QUESTIONS / REPONSES

Question du 22 avril 2017 via le formulaire contact de la newsletter

« Je ne comprends pas du tout le fait que déstocker le mercure augmente la concentration des autres polluants. Comment cela est-il possible ? Est-ce que le mercure sert d'emballages aux autres déchets ?
Merci d'apporter les éclairages nécessaires à cette constatation illogique. »

Réponse du 25/04/17 des MDPA :
«Nous avons bien réceptionné votre question et vous remercions de l’intérêt que vous portez à la lettre d’informations et aux travaux engagés pour la fermeture du stockage de déchets ultimes.
Vous trouverez ci-dessous la  réponse détaillée à votre question. Nous souhaitons en préambule vous préciser que les emballages des déchets (big-bags et fûts) ne sont nullement composés de mercure mais de matière plastique adaptée au transport de déchets chimiques dangereux. Seuls les déchets mercuriels stockés contiennent du mercure. Par ailleurs et pour résumer : les possibilités de passage en solution du mercure et du cadmium sont limitées et si le mercure est déstocké, alors plus de cadmium pourrait passer en solution.
 
•         les hypothèses retenues, qui pourraient conduire à un impact sur la nappe phréatique, sont volontairement prudentes et sécuritaires.
•         c’est ainsi qu’il a été supposé que la mine allait se remplir de saumure, c’est-à-dire d’eau saturée en sels présents dans cette mine, du chlorure de sodium et du chlorure de potassium. Cette première phase pourrait durer entre un siècle et un millénaire car les débits, même surévalués, sont faibles et les volumes disponibles sont encore considérables. Il faut bien voir que ces volumes seront essentiellement constitués de vides de porosité entourant les blocs constituant les foudroyages miniers. Dans notre dossier le délai de  240 ans a été retenu pour que la saumure remonte jusqu’au niveau du stockage et 300 ans pour qu’elle remonte jusqu’à la nappe phréatique.
•         Il a  ensuite été considéré que la mine pourrait continuer à se refermer sur elle-même et expulser cette saumure saturée vers la nappe phréatique. Cela conduirait dans 3 siècles à une pollution localisée de la nappe phréatique par les sels à partir des puits de la mine Amélie.
•         bien que des barrages très étanches seront construits  tout autour du stockage et que  les galeries encore vides au sein du stockage seront remplies de remblai, il a été supposé  que de la saumure finisse par traverser les barrages et les remblais pour arriver jusqu’aux colis de déchets. A cette époque, il n’y aura déjà plus de vides mécaniques comme nous l’entendons d’habitude mais seulement des vides de porosité au sein des remblais et des déchets compactés, comme c’est le cas plus de 500m plus haut au niveau des terrains qui  accueillent la nappe phréatique.
•         Le dossier considère  que les deux enveloppes des colis seront toutes détériorées et que, malgré le fait que les déchets seront fortement compactés par les terrains, la saumure pourra passer dans les déchets et dissoudre toutes les substances solubles qu’ils contiennent.
•         les chimistes ont ensuite étudié les réactions chimiques qui pourraient avoir lieu au sein de cette solution initiale.
•         de nombreuses réactions chimiques sont possibles et le maintien en solution des substances toxiques, les cations comme le mercure (Hg+) ou le cadmium(Cd+) par exemple, ne sont possibles que si certains anions, en particulier les cyanures libres (CN-), sont suffisamment présents. Si vous retirez une partie du mercure, et l’objectif actuel est  d’en retirer plus de 93%, alors d’avantage de cadmium entrera en solution : ce qui répond à votre question.
•         Ensuite, toujours selon les hypothèses du dossier,  les terrains contenant le stockage pourraient continuer à se refermer sur les remblais et les déchets compactés et pourraient expulser un certain débit de saumure polluée vers l’extérieur du stockage.
•         malgré le fait que cette saumure polluée serait plus lourde que la saumure présente dans la mine, il a été  considéré qu’à peine sortie du stockage elle serait entrainée vers le haut et remonterait instantanément jusqu’à la nappe phréatique 500m plus haut.
 
Le scénario très sécuritaire retenu  est le seul qui puisse conduire à une pollution de la nappe phréatique. Il est très peu probable mais il présente l’avantage de proposer des mesures complémentaire de maîtrise du risque permettant de limiter un éventuel impact sur la nappe, comme la mise en place de barrages étanches.
 
Nous espérons que ces quelques explications vous auront  permis une meilleure compréhension du sujet. Vous pouvez bien entendu retrouver toutes les études sur le site internet de StocaMine. Nous vous conseillons de commencer par la lecture du résumé non technique illustré  dans « les compléments à l’enquête publique », puis par le dossier complémentaire dans le « mémoire complémentaire », puis l’annexe 4 étude d’impact dans « le dossier demande ».

Quels sont les risques aujourd'hui ?

Le feu n'a eu aucun impact sur l'environnement. A ce jour, il n’y a toujours pas de risque environnemental du fait de StocaMine. Un rapport réalisé par M. Caffet, ingénieur au Conseil Général des Mines, à la demande de M. Borloo indiquait qu’un risque de pollution localisée de la nappe phréatique pourrait exister dans quelques siècles si on ne procédait à aucun confinement du stockage au fond. StocaMine est actuellement en train d’étudier la meilleure façon de mettre définitivement fin à son activité, avec pour objectif principal la préservation de la nappe phréatique d’Alsace. Les solutions étudiées vont d’un déstockage massif des déchets, suivi pour les plus dangereux d’entre eux par un nouveau stockage dans une autre mine de sel en Allemagne, à un confinement définitif du stockage au fond. StocaMine doit présenter régulièrement ses études à un Comité de Pilotage constitué de treize experts nommés par toutes les parties représentées à la CLIS de StocaMine. Ce comité se prononcera sur les études et sur la solution présentée par StocaMine à la fin du premier semestre 2011.

Les déchets enfouis à StocaMine, une bombe à retardement ?

StocaMine a stocké en souterrain des déchets ultimes et a dû mettre fin à son activité à la suite d’un feu mais aussi pour des raisons économiques. Il s’est inspiré des sites de stockage réalisés dans les mines de sel allemandes qui continuent actuellement d’accueillir les déchets français. Des études sont en cours, sous le contrôle d’un Comité de Pilotage, afin de déterminer la meilleure solution de fermeture.
Voir aussi StocaMine, c’est quoi ? et Quels sont les risques aujourd’hui ?

Un risque pour la nappe phréatique ?

Le rapport réalisé par l’ingénieur général Caffet indique qu’un risque de pollution localisée de la nappe phréatique pourrait exister si on ne réalise aucun confinement du stockage. StocaMine étudie, sous le contrôle d’un Comité de Pilotage constitué d’experts la meilleure solution apte à préserver la nappe phréatique d’Alsace.
Voir aussi Quels sont les risques aujourd’hui ?

Faut-il ressortir tous ces déchets ?

Cette solution est étudiée par StocaMine.

Le déstockage est une opération très délicate et il ne pourra pas être total :

 - toutes les interventions au sein de chaque bloc de stockage devront en effet  être effectuées en utilisant des combinaisons étanches et des équipements respiratoires autonomes afin de se protéger contre les risques liés à l’amiante et aux substances toxiques susceptibles de se dégager, ce qui pénalisera la visibilité, l’audition, les capacités physiques et la réactivité des opérateurs.

- l’un des 9 blocs actuellement remplis, le bloc 15, présente des galeries au mieux ébouleuses mais souvent déjà éboulées, qui ne permettront pas aux opérateurs d’intervenir dans des conditions acceptables de sécurité.

Le déstockage conduira par ailleurs à stocker de nouveau les déchets les plus dangereux dans une autre mine de sel en Allemagne.

On dit qu'il n'y a pas de nappe phréatique au dessus des stockages allemands ?

Une étude, déjà remise aux experts du Comité de Pilotage, compare les qualités des différents sites de stockage de déchets allemands, pour ceux qui ont bien voulu communiquer ces renseignements à son auteur, avec le site de StocaMine. Tous les sites allemands sont implantés sous une ou plusieurs nappes phréatiques. StocaMine dispose à cet égard d’une épaisse protection naturelle vis-à-vis de la nappe d’Alsace.

Sait-on vraiment quels déchets sont stockés ?

StocaMine possède un plan précis de la nature et de la situation de chaque colis de déchet pour tous les blocs de stockage. Avant chaque envoi, le producteur de déchets envoyait des échantillons et des analyses afin de savoir si ses déchets étaient susceptibles d’être acceptés à StocaMine. En cas d’acceptation et d’envoi des déchets, ceux-ci étaient réceptionnés par lots (en règle générale par camion) et un prélèvement était réalisé afin de contrôler la nature du déchet. Seuls les déchets amiantés n’ont pas pu faire l’objet d’un prélèvement car il est interdit d’ouvrir leurs emballages. Puis les colis étaient constitués et affectés à une adresse précise au fond. Une fois définitivement stockés, l’adresse de chaque colis était vérifiée et renvoyée au système informatique de StocaMine, en modifiant le cas échéant l’adresse prévue initialement si elle n’avait pas pu être respectée.

 

Y a-t-il un risque de fracturation ou d'ouverture de failles dans les terrains de couverture en cas de séisme ?

L'INERIS, expert de StocaMine, a été amené, dans le cadre de ses études, à examiner les risques liés à l'existence des failles traversant le gisement. Il apparaît ainsi qu'aucune faille ne vient directement impacter le bloc hôte abritant le stockage souterrain de déchets.

L'INERIS n'exclut cependant pas qu'une faille puisse être réactivée en cas de séisme important atteignant 5 à 6 sur l'échelle de Richter. Il a effectué une évaluation de la perméabilité d'une telle faille en s'appuyant sur les publications existantes sur le sujet. Il en a conclu que cette perméabilité ne dépasserait pas celle des cinq puits actuels du secteur Amélie et n'aurait donc pas de conséquence significative sur le scénario d'ennoyage de la mine ainsi que sur le scénario de fuite d'eau chargée vers la nappe phréatique en provenance du stockage.

Une telle analyse est en cohérence avec les observations faites lors de l'exploitation minière réalisés durant un siècle.
 

"Débat" avec le public du 14 octobre 2011 à Wittelsheim organisé par le Préfet

Les déchets sont-ils accessibles ? Tous les professionnels contactés particulièrement ceux qui ont pu voir évoluer le stockage, s'accordent à dire que la situation s'est fortement dégradée et que l'extraction des déchets serait difficile, voire impossible.

M. BUSER a déstocké en Suisse dans des conditions beaucoup plus dramatiques que StocaMine :
Réponse : un déstockage à StocaMine n'aurait rien à voir avec le déstockage d'une carrière souterraine réalisé en Suisse.
M. BUSER n'a rien déstocké et un représentant de l'entreprise en charge du déstockage est venu visiter StocaMine. Ce cas n'a pour lui rien à voir avec Ste Ursanne. Par contre, il nous a appris que dans un premier temps, M. BUSER a conseillé l'entreprise qui a stocké des déchets à Ste Ursanne en lui assurant que l'emploi de membranes réglait la question, puis il a conseillé plus tard le canton du Jura en préconisant le déstockage complet.

Il faut faire appel à ceux qui savent. On n'a pas assez sollicité les Allemands :
Réponse : StocaMine est le seul à avoir déjà déstocké dans cette mine : les responsables d'Herfa-Neurode qui ont visité StocaMine n'interviendraient pas dans un éventuel déstockage. Chez eux, ils ont seulement pratiqué des déstockages sélectifs permettant de récupérer de la valeur, mais ils s'abstiennent de toute intervention sur les déchets amiantés.

L'ennoyage ne correspond pas au mémoire technique des MDPA : la durée d'ennoyage retenue dans le dossier des MDPA reposait sur un volume initial des vides miniers de 5 % alors que l'INERIS estime que ces vides sont plutôt voisins de 30 % et a retenu prudemment 20 %. La durée d'ennoyage a donc augmenté, même si l'INERIS a par ailleurs retenu des débits d'ennoyage plus forts.

Le déstockage est prévu dans les comptes de StocaMine. Il suffit d'utiliser cet argent : StocaMine ne dispose en trésorerie que d'une somme séquestrée au profit du Préfet se montant à 2,4 M€, ce qui n'a rien à voir avec les enjeux (de 109 à 200 M€ du confinement illimité au déstockage total qui n'aboutirait pas et qui serait suivi de la mise enplace de barrages).

La nappe phréatique est-elle oui ou non menacée ? Non, si on prend les mesures de fermeture prévues.

Peut-on s'attendre à une pollution aux chlorures ? Oui, ce seront les chlorures qui sortiront en premier une fois la mine pleine de saumure. Les premières simulations indiquent des teneurs 40 fois supérieures aux normes de potabilité.

Il s'agit du premier débat contradictoire qui nous ait été offert :
Réponse : Le collectif a refusé d'assister au débat citoyen du 4 mai : la réunion du 14 octobre était une réunion d'invectives et surtout pas un débat public digne de ce nom. Des responsables du collectif Destocamine animaient les réactions hostiles de la salle.

Il n'y a pas de nappe phréatique à Herfa-Neurode : la nappe phréatique d'Herfa-Neurode est contenue dans les 300 m de grès affleurant jusqu'en surface, comme nous l'ont confirmé les responsables du site. Les responsables du stockage démentent formellement le fait, soutenu par le parti Die Linke, que la mine Werra qui accueille le stockage aurait déjà commencé à s'ennoyer.

Comment assurer la mémoire à si long terme ? Il est impossible de garantir un suivi sur plusieurs générations : StocaMine sera comme MDPA repris par l'Etat qui confiera la gestion des risques subsistant au Département Prévention et Sécurité Minière constitué au sein du BRGM. Le DPSM est déjà chargé de gérer les risques miniers à très long terme et la gestion de "l'après StocaMine" ne sera qu'un cas particulier. En Alsace, le DPSM poursuit la dépollution de la nappe phréatique vis-à-vis du sel et surveille tous les puits et les piézomètres.

Le sondage W1 débouche t-il dans le bloc 16 ? Non, ce sondage est à l'extérieur du stockage, mais nous travaillons par contre à rechercher précisément le sondage W3 qui se trouve dans un pilier du bloc 25 pour le traiter définitivement.

Il faut distinguer les GREEN des NIMBY (BEREST).

Dire ce qui va se passer à 500 ans relève de la cartomancie ?
Non, mais cela explique la prudence de l'INERIS dans ce dossier. Par ailleurs, beaucoup d'autres événements pourraient entre temps survenir en surface, comme l'histoire l'a déjà démontré, et fragiliser toutes les structures qui s'y trouveront.

La puissance publique prend en charge les problèmes du privé.
En France, l'Etat ne mérite pas la confiance :
l'Etat, actionnaire des MDPA et donc indirectement de StocaMine souhaite mettre tous les moyens nécessaires pour traiter proprement ce problème, contrairement à certaines sociétés qui n'assument pas leurs responsabilités.

Faut-il valoriser tout ce qui peut l'être ? Il n'y a pas de solution acceptable pour valoriser ces déchets ultimes. L'usine CITRON qui annonçait traiter le mercure au Havre a brûlé fin 2010 et a laissé un passif environnemental énorme.

Wittelsheim sera abandonné et oublié : Wittelsheim bénéficie depuis la mise en route de StocaMine d'une subvention de StocaMine qui n'est pas inférieure à 300 000 € par an, à travers un Groupement d'Intérêt Public.

Le Ministre de l'Environnement du Bade Wurtemberg s'est-il prononcé en faveur du déstockage ? Non, dans un courrier adressé en allemand au collectif des opposants, le Ministre précise qu'il est d'accord avec la majorité des membres du Copil qui s'est prononcé pour un retrait sélectif du mercure et la mise en oeuvre de barrages techniques et d'un système de surveillance.

Le Liquidateur des MDPA a-t-il déposé le dossier de cessation d'activité de StocaMine ? Non, mais le Liquidateur a informé l'Etat des différents scénarios de fermeture et les échanges se poursuivent avant de disposer de la solution à retenir dans le dossier.

L'INERIS a-t-il redémarré une nouvelle expertise sur la fermeture de StocaMine ? Non, StocaMine et l'INERIS avaient reçu mission de travailler en concertation avec le Copil sur l'élaboration du dossier de fermeture alors qu'au contraire celui-ci avait été missionné pour donner un avis sur le dossier de l'exploitant. Il est bien évident que, même si certains éléments ont pu être discutés entre StocaMine et le Copil, il n'était pas possible que celui-ci s'exprime sur un dossier finalisé car l'exploitant était dans l'attente de la fin de la concertation pour achever son dossier. Les rapports du Copil ne portent donc que sur ses propres travaux et sur les éléments d'étapes présentés par StocaMine. Depuis, l'INERIS a rendu ses rapports et travaille sur les éléments du dossier de cessation d'activité.